Crise de référence ou anesthésie du bon sens, la jeunesse féminine sénégalaise doit faire peur à la société globale et doit faire l'objet d'un réorientation sans complaisance. En s'inscrivant dans un paradigme exhibitionniste de leurs parties intimes publiquement, elle transcende les principes stylistiques et éthiques de la mode sénégalaise et épouse un épiphénomène. Il s'agit là particulièrement d'une attitude psychologique et psychosociale consistant d'une part à être régie par un instinct vestimentaire grégaire (Showing-All) eta d'autre part, à être animée par un comportement auto-évaluatif stimulé par la perception sociale des autres. Il convient alors d'allier ces deux pistes de réflexion pour saisir à convenance ce séisme social exacerbé par la jeunesse féminine.
Il fut un temps, dans un passé assez récent que le comportement vestimentaire des filles sénégalaises n'était pas aussi dévergondé et ignominieux qu'on en observe de nos jours. Le processus de changement du comportement vestimentaire jusqu'au Showing-All est une évidence historique. Les télévisions, les nouveaux magazines de la mode, l'Internet sont les accessoires à partir desquels s'est échafaudé ce processus d'égarement rythmique et aliénant.
Les filles d'aujourd'hui portent de la lingerie, des dessous ou des sous- vêtement dans les rues, dans les salles de classe, dans les restaurants, dans les bureaux administratifs bref dans l'espace publique au Sénégal à tel enseigne que le comportement pudique cède le trône à une impudicité notoire. A l'ère du Showing-All, chez ces filles sénégalaises, tout est dehors ou tout au moins, leurs quidams ont la possibilité de mesurer et de percevoir convenablement toutes les parties intimes de leurs corps. Elles auraient souhaité montrer leurs poitrines bombées ou aplanies, leurs ventres repus ou affamés, leurs nombrils qui les liaient jadis avec leur maman, leur dos, leurs jambes, leurs mollets, leurs colonnes vertébrales, leurs cuisses, une bonne partie entre l'os du bassin et leurs postérieures, la partie frontale du sein, etc. Il suffit de supposer que dans l'ère du Showing-All, c'est la jungle où les filles renoncent progressivement à l'habillement décent pour le profit large et gratuit des caches-sexes.
Pour ce faire, elles auraient porté des body, des jeans sauvagement perforés, des sous fesses, des dos-nu, des culottes, des jupes courtes, des coupés, des demi-sein, etc. Pire, les tissus usités sont trop transparents, rarement opaques, élastiques et accolés aux différentes parties du corps de la jeune sénégalaise moderne. Saurait été caduc voire erroné de supposer que ces filles soient dans la phase du Sexy-Wearing, ah non ! Elles ont dépassé de loin ce comportement pour se réfugier auprès du Showing-All, c'est-à-dire l'Erotic-Wearing. Il en est ainsi car toutes les actions valables pour définir cet érotisme sont omniprésentes dans l'ère du Showing-All. Aujourd'hui, il ne nécessite plus, chez certains garçons, d'aller au cinéma pour regarder des films érotiques pour libérer une petite énergie libidinale. Il suffit pour eux simplement d'errer dans l'espace publique pour la faire libérer gratuitement.
Cet instinct vestimentaire grégaire est le régisseur psychologique par excellence de la conscience vestimentaire des filles sénégalaises de notre époque. Par contre, dans ce contexte social, il revient de montrer un paradoxe sur le plan psychosociologique. Jeune garçon ! Ecoute ceci : « demain tente de te positionner derrière une fille en cours de route. Si elle sent la présence masculine derrière elle, elle sera terriblement gênée ». Qu'est ce qui l'explique ?
La fille fait une introspection et saura qu'elle est observée et perçue sous différents angles. Elle fera automatiquement une réflexion auto-évaluative et dès lors, commencera à tirer son body vers le bas puis remonter le jean vers le haut. Ah mademoiselle ! Anesthésie du bon sens ; parce que le body est élastique. Il se remonte dès que tes mains lui rompent le contact. Tandis que pour le jean, il ne saurait se remonter à hauteur du bassin et de s'y maintenir si tu n'a pas porté de ceinture. Un autre cas est pareil. Si la fille s'assoie sur une chaise dans un milieu, sa première attitude est de poser sa main entre ses cuisses pour cacher quelque chose. Si elle se lève de la chaise, la première réaction est de relever plus haut son pantalon.
Cette attitude paradoxale montre que les filles sénégalaises veulent se faire remarquer dans la foule. Si elles ne se rallient pas à la conscience grégaire de la mode, elles ne seront pas vues. Pour être vu dans l'ère du Showing-All, il faut porter sauvage puis se sentir terriblement gênée. Il y a là une situation contradictoire car, on sait que l'on porte des habits impudiques faisant atteinte à la pudeur, choquant gravement les individus et en même temps vouloir apparaître : conscience tranquille en face du publique, belle et respectable.
Le processus de changement social du point de vue vestimentaire s'est transformé en adoptant un rythme accélérant ces derniers temps et va toujours à l'encontre des valeurs socioculturelles. Ce processus s'est effectué selon des étapes : Traditionnel (avant l'arrivée du colon), Classique (vers 1950), Post-moderne (vers 1970), Moderne (vers 1980), Sexy (vers 1990), Showing-All (vers 2000), Adamite (vers....). Si des mesures draconiennes ne sont pas prises dans l'immédiat par les autorités gouvernementales, religieuses, politiques et culturelles, le phénomène continuera son ascendance jusqu'à des phases adamites c'est-à-dire de nudité totale et en publique. L'habillement ou la mode est un jeu sans fin, sans frein, sans gain.
L'habillement est le premier trait de personnalité chez un individu. Cette thèse a été défendue par les culturalistes américains avec des anthropologues comme Ralph Linton et Margaret Mead. Chers soeurs, évitons de porter des caches sexes comme si on était dans l'état de nature. Vous êtes nos copines, nos femmes, nos cousines et vous serez de futures mères. Changez de comportement vestimentaire sinon vous constituerez la génération la plus perverse et la plus dévergondée que le Sénégal et l'Afrique n'a jamais engendrée. On vous respecte de par votre style correct. On vous maudit et vous répugne par votre vulgarité vestimentaire.
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